Je mets ce texte en avant car il me semble que les cotations ont un peu déviés de leur fonction ces dernières années. En effet, je n'ai toujours pas vu de bloc ou le mouvement le plus dur ressemble à du 8c voire du 8b+. Nous sommes au milieu d'un flou artistique d'enchaînement de mouvement difficile ou chacun y va de sa sauce en se comparant à son voisin par l'intermédiaire d'un médiateur du style "8a.nu". Quand je voyage pour découvrir la planète grimpe, je trouve des passages en v10 aussi durs que d'autres en v13 dans un lieu un peu plus éloigné. Bref, chacun voit le 8a à sa porte, et si tout le monde est content comme cela, c'est cool. Maintenant je vais utiliser le système bloc pour donner le mouvement le plus difficile et le système link pour l'enchaînement des mouvements.
Du style:
  • Karma à Bleau: 8a ou v11 ou b14 selon la langue que l'on utilise, ce n'est que du bloc....
  • Ode to modern man au Colorado US: le mouvement bloc le plus dur est un 8a+ et le ressentit de l'enchaînement des deux sections est un 8b+, cela donne en américain 12.14
  • Jade v13 pour le mouvement le plus dur. Le reste du passage est facile pour toute personne capable de faire le mouvement dur.
  • Dream Time à Cresciano en Suisse: link 12.14
  • -Hip Hop assis à Bleau en France: link 12.14
  • -Mandala assis à Bishop au USA: link 12.14
  • -Evilution direct à Bishop au USA : link  10.13
  • -The Spectre à Bishop au USA: link 11.13
  • -Surprise travassis à Ailefroide en France: link 11.15
  • -Trip hop à Bleau en France: link 12.15
  • Chaos assis à Bleau en France: link 11.14
  • Tonino 78 à Meschia en Italy: link 11.15
  • Crown of Aragon à Hueco au USA: link 11.13

  • La danse des Balrogs a Branson en Suisse: link 10.13

Pas facile mais très simple quand même....Il faut juste accepter ses limites et ne pas croire que l'on est capable de faire toujours plus incroyable que son voisin.


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Avertissement : ce qui suit est un article pas sérieux sur un sujet qui peut l’être…

 

LE LINK

Ou l’art, comme un certain monsieur Jourdain, de faire de la prose sans le savoir…
 

C’est l’histoire d’un mec qui aime l’arquée, la bossette, la pinch. Vraiment, ouais, il aime, on peut pas lui enlever ça.. Il a bien essayé de se soigner mais comme ça n’a jamais rien fait, il est parti explorer la planèteuropebloc (si, si, j’vous assure, c’est comme ça qu’on dit !) L’homme  a donc mis un beau jour d’automne les voiles. En camping-car, souiplaît. Un peu de confort ça n’a jamais tué son homme, surtout quand la copine vient avec vous, et que des potes vous rejoignent au gré des alizés-blocs (si,si, c’est toujours correct, j’vous l’dit). J’dis ça mais j’me suis trimballé des mois avec ma femme et mon frangin dans un immense break aux States, mais j’arrête là, on n’est pas là pour parlé de moi, mais du mec, vous savez, celui qui aime les…

Il a donc escaladé des centaines ( que dis-je, des milliers ?) de blocs, beaucoup serré les prises et les dents, ri aussi, et surtout aimé. C’est qu’il a rien a prouvé, ce mec. Il grimpe « just for fun » et c’est déjà beaucoup. Ah si, j’allais oublié, juste aussi, peut-être, parce que c’est son mode d’expression. Va savoir. Bon, il est pas franchement accroc aux cotes, le mec. C’est pas ce qui le fait grimper (fondamentalement). Ce serait plus la jolie ligne, une sortie en haut ( ah bon on peut sortir ailleurs ?), et que ça ne soit pas éliminant. Attention, c’est que môssieur a ses exigences !

N’empêche, le gars, y a des trucs qui l’ont, comment je pourrais dire, ouais, titillés : l’explosion des cotations ( hou là là qu’est-ce que j’ai pas dit !).

Mais bon elle existe alors parlons-en avec zénitude (ça, j’crois pas que c’est dans le dico mais tout le monde comprend, hein ?). Ca y est ,j’rentre dans l’gras du sujet, et j’vous préviens, va y avoir des mo(r )ts :

Alors cette explosion, elle vient d’où ? De la naissance de ces nouveaux types de passage, plus longs : avec des départs assis, les « high balls », et des passages suivant des diagonales – avec une inclinaison de sol permettant une bonne réception -. Le fait d’avoir un atterro sur un pad plutôt que dans un chaos de blocs n’est sûrement pas étranger à cette évolution.

Et là, badaboum, le mec ( et pas mal d’autres) se rendent compte que ça ne correspond plus à une réalité, par rapport à une cotation estampillée « pur bloc ». Je sens venir la levée des boucliers, alors je m’empresse de presser l’intéressé d’explications :

 

« Des passages tels Dream Time (8b+/8c en Suisse) ou Tonino (8c/c+ en Italie) sont certes plus difficiles à enchaîner, mais au final aucune de leurs sections ne comportent de mouvements plus intenses que dans les passages de blocs les plus durs (qui sont à mon avis au alentour de 8b  comme par exemple : Kheops en France ou The fly au USA). De manière évidente, la gestion de l’effort nécessaire à leur enchaînement tient plus de la résistance force que de la force pure (l’addition des sections blocs n’augmente pas le niveau intrinsèque de chaque section).

Et il me semble évident de définir un nouveau domaine pour coter ces passages. »

 

Eh oui, si je comprends bien ce que tu me dis, tu me causes d’une nouvelle vision de la pente ? T’es en train de me dire que Dream Time, c’est pas dans la même cour que Kheops, pas vrai ? Mais rappelles-moi un peu les domaines de cotations qui existaient avant l’apparition de ces types de passages ( on parle toujours des mêmes, style Tonino…)

 

 

«  (Vous avez vu on ouvre des guillemets, c’est le mec qui cause…J’mets même de l’italique pour la limpidité de l’exposé!)

 

  • Les cotations « voies » : cotent la difficulté de l’enchaînement de mouvements sur une paroi. Avec du  matériel de sécurité : dégaines, cordes…suivant une ligne, une trajectoire matérialisée par un départ et une arrivée définis par l’ouvreur).

Plusieurs filières peuvent alors se rencontrer, parfois se mêler.

-la force : réalisation des mouvements durs intrinsèquement, sur une durée très courte ( plus ou moins 10 secondes). 

-la résistance force : réalisation d’un enchaînement de mouvements durs intrinsèquement sur une durée courte à moyenne, de l’ordre de +/- 10 secondes à une minute.

-la résistance : réalisation d’un enchaînement de mouvements d’une intensité déjà élevée pendant une durée moyenne.

-la continuité : réalisation d’un enchaînement de mouvements d’intensité moyenne à faible pendant une durée longue ou un enchaînement de sections qui peuvent être très intense (résistance force ou résistance), entrecoupées de repos. 

 

  • Les cotations « traversée » : cotent la difficulté d’un enchaînement en traversée horizontal sur des bloc ou des pieds de falaise, la chute se faisant toujours au sol.

On retrouve tous les styles dans ce domaine (force, résistance force, la résistance et la continuité).

 

  • Les cotations « blocs » : cotent la difficulté de réalisation d’un ou plusieurs mouvements sur une durée courte. Seul la filière force peut être présente dans cette catégorie.

Cette cotation ne peut pas être réduite. »

 

- Bon, si je te suis bien, et arrête-moi de suite si j’me gourre, cette cote  « bloc » est à l’escalade ce que le quark est à l’atome (ah mes restes d’études de physique…) : la particule élémentaire. Ouais je sais mon exemple est pas fameux, y paraît que  y a encore plus petit  mais j’suis sûr que vous avez pigé, non ? Alors dis-moi, qu’est-ce que tu proposes pour définir ce nouveau domaine?

 

 

 - Tout le monde a déjà observé que tous les types d’escalade peuvent être décomposée par une suite de  cotations blocs (sans que cela donne une idée précise de la difficulté d’enchaînement). Alors voilà  ce que je proposerai, par unique souci de clarté et d’homogénéité pour le monde des bloqueurs :

Les cotations « link »(lien ou enchaînement en anglais) :  elles  coteraient la difficulté d’un enchaînement de plusieurs mouvements dans les filières « force » ou « résistance force ». Ce serait toujours l’enchaînement de plusieurs sections de type « Bloc ». La chute parfois haute se ferait sur le sol ( pas d’encordement).

Cela donnerait par exemple pour des passages de ce type :

 

-Dream Time à Cresciano en Suisse: link 12.14

 

-Tonino 78 à Meschia en Italy: link 11.15

 

-Trip hop à Bleau en France: link 12.15

 

-Hip Hop assis à Bleau en France: link 12.14

 

-Mandala assis à Bishop au USA: link 12.14

 

-Evilution direct à Bishop au USA : link  10.13

-The Spectre à Bishop au USA: link 11.13

 

-Surprise travassis à Ailefroide en France: link 11.15

 

-Chaos assis à Bleau en France: link 11.14

 

-Crown of Aragon a Hueco au USA: link 11.13

 

-La danse des Balrogs a Branson en Suisse: link 10.13

 

J’en passe, et des meilleures …

 

-         J’te coupe mais j’crois te suivre, même si j’m’aperçois que le link ne correspond pas à une arithmétik ! Ouais ça n’a plus rien à voir avec la cote « bloc », qui parle d’une unique intensité de mouvements ; là on observe deux, voire trois pics d’intensités qui se distinguent assez naturellement , mais restant néanmoins dans une certaine « bande passante » ( ou proximité) … Il est aussi clair que pour un grimpeur de 8a, un passage qui se décortiquerait en un 8a bloc suivi d’un 6c bloc n’est pas un link, car pour ce niveau, il n’y a qu’un seul pic d’intensité, et s’il passe le pas en 8a, il sort en haut !

Et si, pour faire un parallèle avec quelque chose que je connais bien, on regarde la cascade de glace, on s’aperçoit qu’une cote spécifique au mixte est née des limites de la cotation « pure glace ». Il y avait là quelque chose qui de loin pouvait paraître semblable mais qui de près ne l’était plus. Et les deux cotes ( 1 à 7 pour la glace, M3 à M12… pour le dry-tooling) ont chacun leur domaine, elles sont indépendantes et cela ne gêne personne ! Et il n’y a surtout pas à comparer, un 7 n’est pas plus dur ou mieux qu’un M12, c’est juste différent ! Et le jeu s’est élargi et enrichi.

Dis-moi, comment établir une cotation link ?

 

-Il peut être simplement bon que la graduation « Link » prenne comme référence  l’actuelle cotation bloc de ces passages typés longs.

Avec un peu de pratique, du recul et une reconnaissance des sections « bloc » la compréhension de ce domaine paraîtra simple et évidente.

On découvrira alors que  des milliers de  blocs de difficultés moindres, (dans ces styles nouveaux  dont on a déjà parlé, et surtout dans des départs assis -ou extension- de passages déjà existants) peuvent parfaitement coller au link !

 

Quand j’disais qu’on faisait de la prose sans le savoir ! Et on entend  déjà souvent les grimpeurs décomposer les passages…

Allez, assez causé, si on allait linker ?

 

Et, au fait, j’allais oublier, le mec, c’est mon pote Tony, j’l’ai vu au retour de son trip : il était radieux.

Et si l’essence de l’escalade ( link ou pas !) était là, dans ce sourire accordé à ce mouvement d’élévation ? A méditer dans ces longues soirées d’hiver, avec une bonne binouze…

Dod le skyliner (ou le linker de sommets, j’sais plus très bien, vous savez, moi, avec ces histoires de proses…)